88 touches légères, semi-lestées ou à marteaux : le vrai tri
Un piano acoustique compte 88 touches, et chaque touche actionne un marteau. Les claviers de cette liste reprennent tous l'étendue ; ils ne reprennent pas tous la mécanique. Trois familles s'y côtoient. Les touches légères dynamiques (le son suit la force de frappe, mais la touche ne résiste pas) équipent l'Alesis Recital Play, le Roland GO:PIANO88, le Korg Liano L1 et le Woodbrass XPL1, de 5,3 à 6,64 kg. Les touches semi-lestées, plus fermes mais sans marteau, équipent l'Alesis Recital ou le Studiologic Numa Compact SE. Les touches lestées à marteaux, graduées des graves aux aigus, commencent à 10,5 kg avec le Casio CDP-S110.
Pour apprendre, seule la troisième famille prépare au piano du professeur : la main s'habitue à la résistance qu'elle retrouvera en cours et à l'examen. Les deux autres servent à découvrir, à jouer en voyage ou à piloter un logiciel. Notre guide touches lestées ou semi-lestées détaille chaque toucher.
Échappement, polyphonie, pédale : ce qui sépare les bons 88 touches
Parmi les claviers à marteaux, trois points font la différence. L'échappement, cette petite résistance perçue au milieu de la course d'une touche de piano à queue, est simulé sur tous les Roland de la liste dès le FP-10, qui partage son clavier PHA-4 avec le FP-60X et le HP702 ; chez Yamaha, seul le P-525 l'annonce. La polyphonie va de 64 notes (P-145BT, CDP-S110) à 256 notes (FP-40, RP107, Celviano AP-S450), et même 384 sur le Roland HP702 : 64 notes suffisent pour débuter, 192 ou plus laissent de la marge quand la pédale tient les notes. Notre guide sur la polyphonie donne les repères par niveau.
La pédale, enfin, est le défaut caché des portables : presque tous sont livrés avec un simple interrupteur, sans demi-pédale. Le P-145BT accepte le pédalier trois pédales LP-5A, quand le FP-10 n'a qu'une entrée. Parmi les portables et les pianos de scène, seuls les Roland FP-60X, FP-90X et RD-88 EX, le Yamaha P-525 et le Korg GrandStage X fournissent une pédale progressive.
Portable, meuble ou scène : où loger un piano de 88 touches
La largeur varie peu, de 123 à 142 cm ; le poids et la profondeur décident. Un portable comme le Casio PX-S1100 (11,2 kg, 23,2 cm) tient sur un bureau et se range. Un meuble comme le Roland RP107 (37 kg, 41 cm) apporte trois pédales et la stabilité, mais ne se déplace plus ; l'Arius YDP-S36 descend à 29,6 cm de profondeur, et le Woodbrass DP2 MK2 (44,8 kg, 41 cm) ajoute 189 notes et 50 W, mais une mécanique sans nom. Les pianos de scène visent la sono : les Korg D1 et GrandStage X et le Nord Stage 4 88 n'ont même pas de haut-parleurs. Le GrandStage X (clavier RH3 gradué, 25 kg) sert le pianiste ; le Nord Stage 4 88 (triple capteur, orgue et synthé, 19,6 kg), le claviériste de groupe. Enfin, les M-Audio Keystation 88 MK3 et Hammer 88 Pro et l'Arturia KeyLab Essential 88 MK3 sont des claviers maîtres : aucun son sans ordinateur. Pour trancher entre 61 et 88 touches, lisez notre guide 61 ou 88 touches ; pour le format, meuble ou portable.
Sept octaves et une tierce : les notes d'un piano 88 touches
Les 88 touches, 52 blanches et 36 noires, vont du la le plus grave au do le plus aigu : du la-1 au do7 en notation française, de A0 à C8 dans la notation internationale. Le do central, ou do3, est le quatrième do en partant de la gauche. En fréquence, le clavier va de 27,5 Hz à environ 4 186 Hz ; plus bas ou plus haut, l'oreille distingue de plus en plus mal la hauteur d'une note. Les fabricants s'en tiennent à cette étendue depuis la fin du XIXe siècle.
La conséquence pour vous : le répertoire du piano est écrit pour ces 88 touches, de la première méthode aux pièces de concert, et il se joue sans bouton d'octave ni transposition. Les claviers plus courts retirent des notes aux deux bouts : douze sur un 76 touches, vingt-sept sur un 61 touches, qui suffisent à découvrir mais finissent par manquer.